29/01/15 Déjà 6 mois de voyage ! (8800km)


Et voilà déjà 6 mois que nous avons quitté le Bourget du Lac ! Nous avons vu tant de choses en une moitié d'année que nous avons du mal à retranscrire ça par écrit...


Notre jardin de Salvador !



Toujours est-il que depuis notre dernier article, nous passons quelques jours chez notre ami Olivio et sa femme Leni. Leni nous fait découvrir la cuisine bahianaise typique et nous allons faire un tour en ville tous les 4.


Olivio et Leni





Pour rallier le centre ville, nous prenons le train/RER qui longe la plage, vue magnifique sur la baie de tous les saints. Après avoir arpenté les rues commerciales, nous remontons la presqu'île en direction de la vieille ville. Passage obligé dans l'ascenceur qui descend et qui monte vers le centre ville pour 15 centimes. Véritable attraction, il est sur toutes les cartes postales de Salvador !

Salvador est une des plus vielles villes du Brésil, la première église datant de 1505.
Olivio nous site le dicton qui dit qu'à Salvador où que tu lèves les yeux, tu vois une église; après vérification, la ville en compte quelques 165 !
Capitale de la province de Bahia, Salvador a également été capitale du Brésil jusqu'au 19ème siècle avant de laisser la place à Rio puis Brasilia.
Dans le centre ville, des femmes habillées en habits traditionnels vendent des aracajés, la spécialité locale : un beignet salé fait à partir de farine de haricot servi avec des crevettes.
La place historique est également animée par de jeunes danseurs de Capoeira, ce mélange de danse et de combat originaire du Nordeste.

presqu'île de Salvador

Le lendemain, nous retournons en ville à vélo. Après avoir failli nous faire écraser plusieurs fois, nous tombons sur une fête immense dans la ville entière. Olivio nous avait prévenu qu'ici, toute occasion est bonne pour faire la fête, mais nous ne nous attendions tout de même pas à ça ! 5km bouchés par une foule compacte de Brésiliens habillés pour la plupart en blanc suivant un camion bardé d'enceintes propulsant de la musique à fond.

Jeunes, vieux, femmes et hommes, tout le monde danse une bière à la main (ou bien une dans chaque !). Leur consommation est impressionnante. Et quand ça entre d'un côté, ça sort de l'autre ! La ville se transforme en véritable pissotière, les hommes contre les murs, les femmes entre les voitures. Nous nous retrouvons un peu perdues avec nos vélos au milieu de ce capharnaüm...

Accrochage du dit lacet




Olivio nous explique ensuite qu'il s'agit de la fête de Nosso Senhor do Bonfim. Une procession à travers toute la ville en direction de l'église du même nom où chacun va accrocher un petit lacet de couleur (on n'a pas été vérifier que tous allaient bien à l'église !)






Le dernier soir, nous organisons une petite projection sur la plage avec les voisins. Nous passons de longs moments à discuter avec nos hôtes. Olivio ayant été camionneur, il nous fait voir le problème de l'autre côté : les camionneurs brésiliens sont payés au kilomètre et les distances étant tellement grandes au Brésil, ils n'hésitent souvent pas trop à appuyer sur le champignon pour rentrer plus tôt à la maison ! Il nous explique qu'il conduisait parfois jusqu'à 2000km sans s'arrêter !

Au matin Olivio nous accompagne au ferry qui nous emmènera de l'autre côté de la baie des saints. Encore un immense merci à Olivio et Leni pour ces 3 jours fantastiques.


Adam et Eve version brésilienne !
De l'autre côté de la baie, ce sont 500km de cocotiers et de sable fin qui nous attendent... Enfin c'est ce que nous pensions ! Chaque bout de côte à son nom. Nous traversons donc la côte du "Dendé", un palmier dont les bahianais tirent la célèbre huile de Dendé dont tout le monde se sert pour la cuisine, en particulier pour frire les acarajés.

Première baignade dans une eau limpide avec vue sur Salvador... et puis le relief fait des siennes et nous nous éloignons de la mer. Montées et descentes interminables dans une forêt tropicale.
 


Nous demandons parfois à dormir dans des jardins mais ce n'est pas toujours facile. L'autre alternative sont les hôtels à 10 euros la nuit où nous sommes bien souvent obligées de planter la tente à l'intérieur pour ne pas nous faire dévorer par les moustiques !

Nous qui pensions passer une semaine relax, nous suons dans des montées à 18% pendant 300km sans trop voir la mer.


Lucia et son cacao


Après la côte du Dendé vient la côte du... cacao ! Elle porte bien son nom, les plantations de cacao fleurissent de toutes parts. Lucia a même l'ambition de faire son propre chocolat. Elle ramasse donc une fève de trois bons kilos, se la trimbale pendant 2 jours et quand elle se décide à l'ouvrir... c'est la déception totale ! Les fèves ne doivent pas être mûres. La conclusion c'est que les inventeurs du chocolat avaient de l'espoir et de la perspicacité !


 


Chemin faisant plusieurs personnes s'arrêtent en voiture pour nous poser des questions. Nous ne sommes plus les stars du siècle comme en sortant de Fortaleza, mais quand même ! S'arrête entre autre un producteur de cinéma français en plein tournage à Itacaré, LA ville touristique du coin. Nous y passons le lendemain : plages bourrées de monde et moustiques partout. Nous cherchons tout de même l'équipe du tournage. Pas trop difficile à trouver, mais notre ami étant absent, nous continuons notre chemin sans trop de regrets.



Ultime descente avant le plat !
Plus que 40km de montées descentes et nous savourons enfin nos premiers jours de plat sur le continent ! Un pur plaisir, au programme quelques heures de vélo puis baignade sur des plages quasi désertes.

The forêt vierge
Nous passons une soirée en compagnie d'une famille de deux pasteurs évangélistes originaire du Mato Grosso (à quelques 2500km de là) venus passer une semaine à  la mer. Le soir ils nous quittent pour aller au "culte" et le lendemain avant de partir, nous formons tous un grand cercle en nous donnant la main en priant à voix haute pour que notre voyage se passe bien. Que l'on y croit ou pas, quand un pasteur te met la main sur la tête en priant Dieu qu'il ne t'arrive aucun malheur, c'est puissant ! Ironie du sort, 2km après, la roue avant de Maylis crève pour la première fois du voyage...

Nous traversons la ville d'Ilheus, lieu de naissance du célèbre écrivain Jorge Amado mais impossible de trouver une librairie (nous sommes encore en recherche depuis avoir quitté Fortaleza), décidément ces Brésiliens préfèrent les séries télé aux bouquins...




En arrivant à Una, il est temps pour Maylis de s'éclipser pour aller faire des courses surprises, et oui, nous sommes le 23 janvier, jour des 25 ans de Lucia ! Nous pédalons 15km de plus et quittons la route principale en recherche d'une plage à côté du petit village de Comandatuba. Nous passons à côté d'un aéroport, bizarre bizarre... Nous apprenons que derrière le village se trouve un méga hôtel resort 5 étoiles caché sur une île déserte où les super stars qui ne veulent pas être vues viennent passer leurs vacances. Quel cadeau idéal pour Lucia ! Nous traversons pour aller sur l'île mais le bateau nous emmène bien loin de l'hôtel sur une magnifique plage de cocotiers.




Le soir c'est repas de fête : Lucia fait une pâte de tacos que l'on cuit sur notre poêle au réchaud et Maylis concocte une méga salade de fruits tropicaux et recompose le gâteau d'anniversaire légèrement écrasé. Le tout accompagné d'une bière presque fraîche, nous nous couchons avec le bide prêt à exploser !





Le lendemain, nous pédalons les derniers kilomètres qui nous séparent de Canaveiras qui sonne la fin de la route. Nous entrons dans une véritable capitale du vélo, il y en a partout. Tout le monde pédale, un bon 50% de part modale, de quoi faire rêver le père Mercat ! Vélo basique, la plupart une seule vitesse, bien assez pour faire les courses, trimballer les enfants, aller à la plage ou au bar !

Deux vélos empilés dans une pirogue



Nous continuons ensuite notre chemin en pirogue ! Et oui, nous sommes obligées de charger les vélos pour 2h à travers des petits bouts de rivières qui nous font penser à la Casamance. Seules avec notre chauffeur piroguier, nous déambulons à travers la mangrove. A la tombée de la nuit, nous arrivons à Belmonte, 2ème capitale du vélo !





Stationnement vélo 

Belmonte c'est aussi le début de la côte de la découverte puisque c'est ici que les premiers navires portugais sont arrivés au début du 16ème siècle.

Nous y restons une journée pour dire au revoir à la mer et nous reposer un peu.

crabe en grand
crabe en petit


Papaye ou... papaye !
La route n'étant pas continue sur la côte, nous prenons vers l'ouest en direction de l'état de Minas Gerais. Nous profitons du plat pour faire notre plus grosse journée au Brésil, 115km ! Nous passons à travers des plantations énormes de papaye, de noix de coco et autres sur plusieurs kilomètres. Tout est fait en grand ici ! Et puis nous retrouvons nos forêts d'eucalyptus. Petit passage en face de LA grosse usine de fabrication de papier. Nos amis de Nébéday ne seraient pas très contents parce qu'ici, la gestion durable de la forêt ça n'est pas leur fort : ils coupent tout, replantent, traitent et en 2 ans le bois repousse... Des hectares de forêt en mono culture mais aussi plein de camions sur les routes... vive le recto verso !


feu forêt d'eucalyptus...
Notre passage intrigue...

Ici ce n'est pas si facile de trouver à planter. Les fazenda (fermes) sont immenses et la plupart du temps les propriétaires partent en vacances en laissant les clés à leurs employés. Une fois, on nous répond même "camper c'est interdit par ici, on l'a vu à la télé !"

Apprenti cow-boy

Nous campons donc le plus souvent sur les berges du fleuve Jequitinhonha que l'on remonte depuis quelques jours en direction de la ville du même nom.

Mort de Maylis et de son vélo !



La route est en pointillés, parfois chemin, parfois goudron. Étonnant pour une route reliant des villes de plusieurs milliers d'habitants. Maylis en profite pour être malade pendant deux jours d'affilé. Après avoir vomi l'intégralité de son dernier repas, elle tente le "vélo sans manger", une journée de 45km et elle se ravise bien vite !





Et nous voilà chez Macia et sa petite famille au bord du fleuve. Leur jardin est incroyable, il compte plus de 30 espèces de fruits ! Ils nous en font l'inventaire mais nous n'en connaissons pas la moitié. 5 espèces de manguiers, il va falloir faire attention où on met la tente histoire de ne pas s'en prendre une sur la tête pendant la nuit !


En route ver Minas Gerais et ses montagnes tordues

PS1 : pour ceux qui ne l'auraient pas encore vue, la vidéo du Sénégal est juste en dessous !
PS2 : pour ceux qui souhaitent voir la carte du parcours en précision, cliquez sur l'onglet "où sommes nous", le zoom est assez précis...